Axe II - C/ Les entreprises ont modelé Noël pour asseoir leur pouvoir
3) Les entreprises sont à l’origine et bénéficiaires de cette marchandisation de Noël
Noël en terme de chiffre d’affaires
Tous les éléments évoqués auparavant amènent à cette conclusion : le fête de Noël est une aubaine pour les entreprises. La traduction économique de cette conclusion s’établit donc en terme de chiffre d’affaires réalisé à cette période par rapport au reste de l’année.
Un autre extrait de notre interview avec M. Galerne l’explicite clairement :
Question : Pourriez-vous tout d’abord nous indiquer ce que représentent les ventes du mois de décembre par rapport à celles d’une année et la part de chiffre d’affaire annuel réalisée en trois mois ?
Réponse de M. Galerne : « Le chiffre d’affaire du mois de décembre représente 12% de notre chiffre d’affaire annuel. Trois mois normaux représentent 18% du chiffre d’affaire annuel ».
Deuxièmement, nous pouvons reprendre l’exemple du Printemps Haussmann. Là également, le résultat appuie notre thèse : en effet, 25% du chiffre d’affaires annuel a été réalisé durant la période de Noël 2006. Ce chiffre est logique au vu du nombre de clients qui ont parcouru les 51 000 m² de rayons : 120 000 visiteurs se sont rendus chaque jour dans le magasin, et ce depuis fin novembre 2006.
Pour certains commerces, Noël représente même jusqu’à 65% du chiffre d’affaires. Noël est donc bien l’occasion rêvée pour les entreprises de faire des bénéfices importants.
L’achat en ligne ou Internet de plus en plus fructueux
Nous allons voir que l’achat en ligne s’intègre de plus en plus comme « canal » de vente, notamment à Noël. En effet, selon Marc Lolivier, délégué général de la Fevad (Fédération des entreprises de vente à distance), ceux ayant l’habitude de consommer sur le Web y ont dépensé 50% de leur budget cadeaux.
Ainsi, sur Internet, plus de 2 milliards d’euros ont été dépensés pour Noël, au lieu de 1,7 milliard en 2005, soit une augmentation de près de 18% en un an.
Aujourd’hui, plus de 16 millions de Français achèteraient régulièrement des biens sur Internet. La fête de Noël apparaît également comme un déclencheur, car on a pu s’apercevoir que 25% des cyberacheteurs de Noël 2005 consommaient pour la première fois dans des magasins virtuels.
Pour qu’Internet, depuis sa création dans les années 1990, prenne cette place dans la consommation, il a fallu qu’il offre des possibilités intéressantes au consommateur : en effet, 75% des cyberacheteurs estiment que la praticité est le premier motif de leurs achats sur la Toile, entre autres pour une fête comme Noël. Être chez soi pour faire ses courses de Noël évite de se déplacer dans les magasins où les files d’attente aux caisses peuvent être très longues. Mais les prix avantageux proposés sur le Net sont également déterminants pour 63% des consommateurs. Ainsi, en décembre 2006, on a pu trouver sur le Web des vols Paris-Djerba pour 89 euros, des ordinateurs portables à moins de 500 euros ou encore des DVD à moins d’un euro et des coffrets DVD à quart de prix. Ces prix attractifs font beaucoup consommer, et sont donc très rentables au final pour ceux qui produisent les biens concernés.
Toujours d’après la Fevad, Noël 2005 a représenté une moyenne de 285 euros par acheteur, les achats en lignes se faisant à 54% environ entre le 1er et le 15 décembre.
Consultez ici le tableau représentant les transactions en lignes pour l'année 2005 rangées selons des périodes trimestrielles et définies selon 4 critères différents. =>Tableau_JdN_Transactions_en_ligne_2005<=
Dans ce paragraphe, nous avons montré qu’effectivement à Noël, l’achat en ligne est de plus en plus fructueux pour les entreprises.
D’autres chiffres importants : les dépenses des ménages à Noël
Pour prouver que Noël est une période essentielle de l’année pour les entreprises en terme de profit, on peut également se placer du point de vue du consommateur.
D’après Francis Meyer, responsable expertise et grands projets communication LCL, qui se base sur une étude CSA commandée par LCL, le budget moyen consacré à Noël 2006 a été de 674 euros par foyer, en incluant les vacances. Un budget très important et qui est variable selon les catégories socioprofessionnelles et la présence ou non d’enfants dans les familles concernées :
- Les cadres et professions intellectuelles supérieures, dits CPIS (groupe 3) ainsi que les professions libérales (groupe 4) ont dépensé 865 euros,
- Les ouvriers (groupe 6) ont eux dépensé 713 euros en moyenne,
- Les parents d’enfants de moins de 20 ans ont dépensé 807 euros, dont près d’un quart pour les enfants,
- Les personnes n’ayant pas d’enfants ont seulement dépensé 591 euros.
Cette étude nous révèle également comment est financé Noël : la plupart des gens interrogés répondent avoir eu recours à leur épargne ou à leur « treizième mois » et seulement 3% disent avoir demandé des prêts.
Ces chiffres sont clairs : les dépenses de Noël sont très importantes, et cela est tout à fait bon pour les entreprises, car c’est à elles que reviennent les sommes dépensées par les ménages.
Cet aspect mercantile est loin de l’aspect religieux initialement voulu par les « créateurs » de Noël.