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Noël aujourd'hui, entre religieux et profane
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Noël aujourd'hui, entre religieux et profane
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21 février 2007

Axe II - C/ Les entreprises ont modelé Noël pour asseoir leur pouvoir

1) Le Père Noël, mythe commercial incontournable

L’image du père Noël utilisée afin de servir les intérêts des entreprises
Les entreprises se servent du côté magique et divin que peut avoir le Père Noël pour faire consommer, en mettant les parents devant une choix quasi-unique qui relève plus de l’affectif que du commercial : acheter des cadeaux pour appuyer la thèse soutenant que le Père Noël existe, car la preuve, il est là dans le magasin et ainsi concrétiser les désirs de l’enfant.

À propos du rôle du père Noël / Santa Claus dans la commercialisation de la fête, Martyne Perrot dit ceci : « Santa Claus joua alors un rôle majeur dans la commercialisation. Très tôt, sa présence dans les magasins le fit apparaître comme un « dieu de la marchandise », à laquelle il donnait une sorte de caution « divine », neutralisant « par miracle » l’hiatus trop évident entre commerce et religion ». Ainsi, on remarque que le Père Noël a vraiment été instrumentalisé par les entreprises afin d’attirer les clients et de leur faire acheter leurs biens et services.

p_re_no_l_chez_l_opticienClaude Lévi-Strauss montre également le rôle que peut jouer le Père Noël par rapport aux enfants, et ce également pour servir les intérêts des entreprises : « les personnages déguisés en Père Noël pour recevoir les suppliques des enfants dans les grands magasins ». En rencontrant un Père Noël dans un magasin et en voyant leur enfant émerveillé, les parents sont obligés d’acheter des cadeaux et donc de dépenser pour faire durer la magie.

Les entreprises jouent donc sur le fait qu’il ne faut pas détruire le mythe.

Exemple : un Père Noël chez un opticien.


Un exemple concret : écrire ou mieux (sur le plan commercial), téléphoner au Père Noël
Nous l’avons vu, le Père Noël est l’argument de vente parfait pour cette période de fêtes. Mais il n’y a pas qu’en magasin que le Père Noël permet des profits exceptionnels, d’autres entreprises gagnent autrement de l’argent tout en s’appuyant sur ce personnage emblématique : prenons l’exemple de la ligne téléphonique du Père Noël qui a succédé en grande partie à la lettre traditionnelle écrite au Père Noël.lettre_p_re_No_l

Lettre adressée au Père Noël en 2005 et rédigée par une classe de primaire.


Depuis plusieurs années, à partir de fin novembre, on peut voir des spots publicitaires d’environ une minute incitant à appeler le Père Noël et la recette est simple : un fond représentant le ciel et les nuages avec des étoiles, un sapin de Noël richement décoré, quelques cadeaux au pied de l’arbre et un Père Noël animé tenant un téléphone disant aux enfants de l’appeler à tel numéro. Tout cela a de quoi faire tourner la tête des petits car quoi de mieux que d’appeler le Père Noël pour lui donner sa liste de cadeaux et être le plus sûr possible de les avoir ? Car là encore on joue sur le désir de l’enfant. Mais ce qui n’est pas toujours dit dans ces spots, c’est le prix de la communication téléphonique, car c’est là que les intérêts de la société concernée sont en jeu. En effet, auparavant, le numéro était le 08.36.65.65.65, c’est-à-dire pas n’importe quel numéro, l’un des plus chers du marché, à l’insu du consommateur.

Et tout était fait pour maximiser le profit : on commence par annoncer tranquillement qu’il s’agit bien du standard du Père Noël, on précise quelle est l’entreprise qui produit ce service, on précise même les coûts (attention appel + coût par minute), puis on vous fait patienter un peu et alors le Père Noël parle, il vous pose des questions mais impossible d’y répondre dans le laps de temps imparti, alors les questions recommencent, et quand on a réussi à finir et que l’on raccroche, on s’aperçoit que l’on a été un minimum de 3 minutes au téléphone. 3 minutes très chères mais surtout multipliées par le nombre d’appelants très élevé, ce qui fait une très bonne recette pour les entreprises concernées.

Maintenant, la majorité des gens connaissent la valeur des numéros audiotel, et il faut se mettre à la mode des numéros à quatre chiffres, le nouveau numéro mis en place en 2006 est donc le 3630 (dire "Père Noël"). Les gens peuvent avoir l’impression que le changement de numéro a tout changé, mais en réalité la stratégie est globalement la même : après avoir appelé le numéro, il est nécessaire de dire de façon audible un mot-clé qui réorientera sur le service (exemple : Noël), car aujourd’hui ce sont des centrales d’appels concernant plusieurs services qui les accueillent. Cela entraîne donc un certain délai d’attente le temps de la connexion avec le service adéquat ou le temps que le mot-clé soit compris par le système de la centrale. Après, tout se passe de même qu’avec le numéro précédent, et au final on se rend encore compte qu’on a passé au moins 3 minutes au téléphone.

Ainsi, grâce à cet exemple, on peut encore voir que le Père Noël est sublimé en dieu ou être fascinant dont le culte serait la consommation.

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